
L’humidité ascensionnelle — autre nom des remontées capillaires — est responsable de la dégradation silencieuse de millions de logements français. Elle monte progressivement, imprègne les matériaux, dégrade les finitions et altère l’air intérieur. Et pourtant, elle est souvent confondue avec de la condensation ou une fuite. Comprendre son mécanisme, c’est déjà faire la moitié du chemin.
Humidité ascensionnelle et remontée capillaire : est-ce la même chose ?
Oui. Les deux termes désignent exactement le même phénomène : l’eau du sol qui monte dans les murs par capillarité, de bas en haut. On parle d’humidité ascensionnelle pour souligner le sens de migration de l’eau (ascendant, du sol vers le haut des murs). Le terme remontée capillaire insiste sur le mécanisme physique. Dans la pratique professionnelle, les deux termes sont interchangeables.
D’où vient cette humidité ?
Le sol, réservoir permanent
Le sol contient toujours de l’eau — même par temps sec. Cette eau est retenue par les particules d’argile, de limon ou de sable, et présente à quelques centimètres ou mètres sous la surface. En terrain argileux (très fréquent en Normandie, en Bretagne et dans les vallées franciliennes), la rétention est maximale : le sol reste constamment chargé en eau, même pendant les étés secs.
Les matériaux poreux des fondations
La pierre calcaire, la brique, le silex, le moellon ou le mortier de chaux utilisés dans les constructions d’avant 1960 sont des matériaux naturellement poreux. En contact permanent avec un sol humide et sans barrière étanche, ils absorbent l’eau par capillarité et la font monter dans toute la hauteur du mur.
Quelles conséquences si on ne traite pas ?
• Dégradation progressive des enduits, peintures et papiers peints
• Salins (salpêtre) qui fragilisent la maçonnerie sur le long terme
• Moisissures qui se développent dans les zones humides basses
• Détérioration des matériaux isolants si une isolation par l’intérieur a été posée
• Dépréciation immobilière visible lors d’une vente
Comment traiter l’humidité ascensionnelle ?
L’injection de crème hydrofuge — méthode de référence
Des trous sont percés à intervalles réguliers dans les murs au niveau de la base (à 100-150 mm du sol). Une crème à base de silane/siloxane est injectée dans chaque trou. Cette crème diffuse dans les capillaires du matériau et polymérise en formant une barrière hydrophobe permanente. Les pores sont rétrécis au point que la tension de surface de l’eau ne peut plus y monter. Le traitement est permanent.
Le boîtier EVO® (électro-osmose)
Pour les murs épais ou hétérogènes où la crème ne peut pas être garantie sur toute l’épaisseur, le boîtier EVO® génère un champ électrique qui inverse le sens de migration de l’eau. C’est une solution non invasive, sans perçage, avec une faible consommation électrique.
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Après le traitement : les finitions respirantes
Après injection, les murs doivent s’assécher progressivement (6 à 12 mois). Les finitions doivent être respirantes pour permettre l’évaporation de l’humidité résiduelle. Un enduit à la chaux naturelle est recommandé — jamais un enduit ciment imperméable qui bloquerait l’évaporation et forcerait l’humidité à monter plus haut.
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