Remontées capillaires : reconnaître les signes et traiter efficacement
Murs humides, traces blanches, odeurs de moisissures… les remontées capillaires touchent de nombreux logements. Découvrez comment les reconnaître et les traiter efficacement.
L'humidité qui monte du sol sans prévenir
Le bas de vos murs est humide en permanence. La peinture cloque, le papier peint se décolle, une poudre blanchâtre apparaît sur la pierre ou le plâtre. Vous avez peut-être déjà repeint ou posé un enduit — et tout est revenu quelques mois plus tard. C’est le signe caractéristique d’une remontée capillaire : l’eau du sol remonte naturellement dans les murs par les matériaux poreux. Ce n’est pas un problème de surface. C’est un phénomène physique qui nécessite un traitement adapté pour être stoppé durablement.
Qu'est-ce qu'une remontée capillaire ?
Les matériaux de construction — brique, pierre, béton, mortier — sont poreux. Ils se comportent comme une éponge : l’eau contenue dans le sol y pénètre et monte par capillarité, exactement comme l’huile monte dans la mèche d’une bougie. Ce phénomène est naturel et permanent. Il ne s’arrête que si une barrière physique l’en empêche.
Dans les constructions modernes, une coupure de capillarité (membrane étanche intégrée dans les fondations) bloque ce phénomène dès la construction. Dans les bâtiments anciens — construits avant les années 1960 — cette protection est souvent absente. L’eau monte alors librement, parfois jusqu’à 1,50 m de hauteur.
Comment reconnaître une remontée capillaire ?
- Taches d'humidité persistantes en bas des murs, même en été
- Dépôts blanchâtres ou cristallisés sur la façade ou l'enduit intérieur : c'est le salpêtre (sels minéraux apportés par l'eau)
- Peinture qui cloque, se décolle ou laisse apparaître des auréoles
- Moisissures récurrentes en pied de mur
Remontée capillaire ou autre type d'humidité ?
C’est une question importante car le traitement n’est pas le même. Quelques repères :
- Remontée capillaire : humidité en bas des murs, au rez-de-chaussée uniquement, jamais en sous-sol ni en cave (pièces enterrées)
- Infiltration : humidité qui apparaît après la pluie, à mi-hauteur ou en façade
- Condensation : humidité en hauteur, dans les angles, surtout en hiver
En cas de doute, un diagnostic humidité permet de trancher avec certitude.
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Pourquoi les remontées capillaires apparaissent-elles ?
L'absence de coupure de capillarité
C’est la cause principale. Les maisons construites avant les années 1960 ne disposaient d’aucune barrière entre les fondations et les murs. L’eau du sol remonte librement. Ni le climat ni l’entretien n’y changent rien : tant que la barrière n’est pas créée, le phénomène continue.
Un sol saturé en eau
En terrain argileux, en zone de nappe phréatique haute ou après de longues périodes de pluie, la quantité d’eau disponible dans le sol est plus importante. Les remontées capillaires sont alors plus marquées et plus rapides.
Des travaux qui aggravent le phénomène
Poser du carrelage ou un enduit imperméable en bas des murs sans traiter la cause force l’eau à remonter plus haut, là où elle trouve une sortie. C’est une erreur fréquente qui aggrave les dégâts au lieu de les résoudre.
Ce qui se passe si vous n'agissez pas
Les remontées capillaires ne s’arrêtent pas d’elles-mêmes. Avec le temps, les conséquences s’accumulent :
Pour le bâtiment
Effritement des matériaux comme le plâtre ou le mortier
Perte de résistance progressive de la maçonnerie
Décollement des revêtements et apparition de fissures
Fragilisation générale des fondations à long terme
Pour la santé
Les spores de moisissures inhalées quotidiennement peuvent provoquer :
Léger inconfort respiratoire pouvant apparaître en présence de moisissures liées à l’humidité
Sensibilité accrue aux allergies chez les personnes déjà sujettes aux réactions allergiques
Air ambiant parfois plus chargé en humidité, à surveiller sans dramatiser si la cause est traitée rapidement
Les solutions pour traiter les remontées capillaires
À chaque problème, un traitement précis. Toutes nos interventions sont garanties 10 ans.
La barrière étanche par injection de résine
C’est la solution la plus répandue et la plus durable. Elle consiste à injecter sous pression une résine ou une crème hydrofuge dans les murs, à hauteur de la base du mur. Le produit se diffuse dans les pores du matériau et crée une barrière imperméable qui bloque la remontée capillaire. Cette technique s’applique au rez-de-chaussée uniquement — jamais en cave ou en sous-sol.
L'inverseur de polarité — boîtier EVO®
Le boîtier EVO® d’Axe Assèchement utilise le principe de l’électro-osmose inversée : il génère un champ électrique qui inverse le sens de migration de l’eau dans les murs, forçant l’eau à redescendre vers le sol plutôt que de monter. Cette solution est particulièrement adaptée aux murs épais ou aux situations où l’injection est difficile à réaliser.
Les questions que vous nous posez sur les remontées capillaires
Comment traite-t-on définitivement une remontée capillaire ?
La méthode de référence est l’injection de crème hydrofuge (silane/siloxane) dans les murs du rez-de-chaussée. Des trous sont percés à la base des murs tous les 10 à 12 cm, la crème est injectée et diffuse dans les capillaires du matériau pour former une barrière imperméable permanente. Ce traitement est compatible avec tous les matériaux (pierre, brique, béton, silex) et durable sans entretien.
Pour les murs épais ou hétérogènes, le boîtier EVO® par électro-osmose inversée est une alternative non invasive : sans perçage, il génère un champ électrique qui repousse l’eau vers le bas.
Après traitement, les murs doivent s’assécher progressivement (pendant 12 mois). Les finitions doivent impérativement être respirantes — enduit à la chaux naturelle, jamais un ciment imperméable qui bloquerait l’évaporation résiduelle.
Certaines approches sont inefficaces et à éviter : peinture imperméable (l’eau monte plus haut), enduit ciment (même problème), déshumidificateur seul (traite l’air, pas la source). Seul un traitement de la maçonnerie elle-même est durable.
Est-ce que les remontées capillaires sont un vice caché ?
Une remontée capillaire peut être qualifiée de vice caché si elle remplit les trois conditions cumulatives de l’article 1641 du Code civil : elle doit être non détectable lors d’une visite normale et attentive (ce qui est souvent le cas, une remontée capillaire pouvant rester discrète ou masquée par un enduit récent avant de se révéler après l’achat) ; elle doit rendre le bien impropre à son usage ou en diminuer fortement la valeur ; et elle doit être antérieure à la vente, même si elle ne s’est manifestée qu’après. C’est souvent ce dernier point qui pose difficulté en pratique : une remontée capillaire est un phénomène progressif, et il faut prouver qu’elle existait déjà, au moins en germe, avant la transaction — un enduit ou une peinture récente posée juste avant la vente pour masquer des traces d’humidité renforcerait au contraire la thèse d’une dissimulation volontaire (relevant alors du dol, notion distincte du vice caché).
Pour une situation concrète, seul un avocat en droit immobilier ou un expert judiciaire pourra confirmer si votre cas remplit ces conditions.
Peut-on isoler ou refaire les enduits avant de traiter les remontées capillaires ?
Non : isoler ou enduire un mur encore alimenté en eau piège l’humidité et abîme les nouveaux matériaux, avec moisissures à la clé derrière le doublage. L’ordre correct est diagnostic, traitement de la cause, séchage, puis isolation et finitions.
Jusqu'à quelle hauteur l'eau peut-elle monter par capillarité ?
En conditions réelles, les remontées capillaires atteignent généralement 0,5 à 1,5 mètre au-dessus du sol dans les constructions en pierre, brique ou silex. Dans certains murs épais et très poreux, la hauteur peut dépasser 2 mètres.
La hauteur dépend de trois facteurs : la porosité du matériau (la brique ancienne monte plus haut que le granite), l’épaisseur des murs (plus ils sont épais, plus l’eau monte lentement mais haut) et la teneur en eau du sol (un terrain argileux ou une nappe phréatique proche alimentent les remontées en continu).
C’est pourquoi les dégâts visibles — salpêtre, enduit qui s’effrite, peinture qui se décolle — se concentrent toujours dans la zone basse des murs du rez-de-chaussée, entre 0 et 1,5 m du sol.
Quel est le prix du traitement d'une remontée capillaire ?
L’injection d’une barrière étanche se situe entre 187 € à 272 € HT/ml par mètre linéaire de mur traité, selon l’épaisseur et la nature de la maçonnerie. Le boîtier EVO coûte entre 3 093,67 € à 11 200 € TTC selon la surface à traiter et le nombre de boîtiers. Seul un diagnostic sur place, gratuit chez Humidians, permet un chiffrage exact.
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